Le coach d’Angers, entraîneur en poste à la plus grande longévité parmi les 5 grands championnats européens, trouve son plaisir dans l’éclosion de nouveaux talents. A l’image d’un Jeff Reine-Adélaïde transféré à Lyon, où se déplace le SCO ce vendredi (20h45).   

« Ce qui m’inquiète, c’est que je deviens le doyen… Alors que je ne suis pas si vieux ! » Suite à l’abdication d’Arsène Wenger, après vingt-deux ans de règne du côté d’Arsenal, la Ligue 1 peut se vanter de compter sur l’un de ses bancs l’entraîneur à la plus grande longévité dans un même club parmi les cinq grands championnats européens.

A l’ancien manager des Gunners a succédé Stéphane Moulin, le coach discret d’Angers SCO, en poste depuis… le 3 juin 2011, soit huit saisons de fidélité au club du Maine-et-Loire, dont cinq dans l’élite – série en cours – assorties d’une finale de Coupe de France (2017). Nos confrères du Courrier de l’Ouest ont la bonne idée en cette entame de saison, lancée tambour battant sur la pelouse de Raymond-Kopa par le club du président Chabane face à Bordeaux (3-1), de rappeler les premiers mots de Moulin lors de sa nomination à la tête de l’équipe première, il y a huit ans : « J’aime travailler sur la durée. Comme les artisans, pierre après pierre. » Prémonitoire de la part de celui qui tutoie les trente saisons en noir et blanc en tant que jeune supporter, joueur pro ou entraîneur.

Le SCO 19e, il prolonge d’un an

Certains noteront que le SCO, candidat naturel au maintien, laisse sans doute plus de temps à son technicien que dans des altitudes plus élevées du championnat, et ça se vérifie quand son équipe pointe au dix-neuvième rang de la Ligue 1 à l’hiver 2018 et que Moulin est prolongé jusqu’en 2020 (il a rempilé depuis pour deux saisons supplémentaires, ndlr). Mais l’intéressé a su trouver sa place dans ce modèle désormais éprouvé qui, chaque été, conduit son effectif au même dépeçage avec le départ de ses meilleurs éléments et l’obligation de rebâtir : « Je me demande encore qui on va pouvoir révéler, avec le staff. Ça donne envie de se mettre au boulot, on a des pierres à polir« , lance-t-il presque avec une pointe de gourmandise devant ce défi quasi-permanent, à la Sisyphe. Histoire de pierres, encore.

« J’ai essayé plein de choses, plus que je ne l’aurais imaginé, avoue encore au quotidien régional un Moulin contraint en presqu’une décennie de faire évoluer ses convictions, à l’image de son schéma en 4-4-2. On est passé par le 4-1-4-1, le 3-5-2, le 4-2-3-1 aussi… Tu es obligé de t’adapter. Certains veulent mourir avec leurs idées. Je l’ai toujours dit : moi, je ne veux pas mourir… » Même si certains coups portent plus que les autres, le cuir s’est épaissi : « J’ai grandi. Il y a des choses que je vomis autour de la L1, mais j’en fais abstraction désormais. Parfois, avec la presse, je laisse filer. Ce n’est pas mon combat.« 

L’essentiel est ailleurs : « Je ne dois pas être un bon entraîneur, puisqu’il faut être viré pour le devenir, mais mon plaisir, ce n’est pas ça. C’est de voir le nombre de joueurs, inconnus à leur arrivée, réussir leur carrière. Je pense à un Saïss, aujourd’hui en Premier League, entre autres (*). Avec le staff, on aura contribué à ça. J’espère qu’il y en aura d’autres. Tous ces garçons-là nous font aimer ce métier. »   

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 (*) Romain Saïss rejoint Wolverhampton en août 2016 pour 4 M€ et contribue à la remontée des Wolves en Premier League. Ses performances ont suscité l’intérêt de Liverpool ou de la Fiorentina.

http://www.sports.fr/football/ligue-1/articles/angers-sco-moulin-peut-vomir-la-ligue-1-mais-2551130/

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