Vous avez fait une vidéo avec vos coéquipiers pour demander aux gens de rester chez eux, c’est un message qui vous tenait à cœur?

Je suis en contact avec Alain Makinson, ancien docteur du club et spécialiste des maladies infectieuses. Je lui ai demandé si je pouvais me rendre utile de quelque manière qu’il soit. En discutant avec lui on a abouti sur cette idée: le meilleur moyen d’aider, si notre voix pouvait porter un peu, c’était de faire cette vidéo de sensibilisation et essayer de faire comprendre aux gens que le mieux pour aider le corps médical, nos médecins, nos hôpitaux à prendre en charge le mieux possible les malades qui ont besoin d’être hospitalisés, c’est de rester à la maison.

On parlait hier sur RMC Sport de Bakary Meité, vous auriez aimé vous investir plus vous aussi?

Je trouve cela très fort, très bien ce que fait Meité. C’est un beau message. Ce qui m’a aussi donné envie de faire quelque chose, c’est le geste du troisième ligne italien Maxime Mbanda qui s’est porté volontaire pour être brancardier et aider comme il pouvait. J’avais cette envie-là moi aussi. Tu es à la maison, tu tournes un peu en rond et tu te dis est-ce que tu peux être utile de quelque manière qu’il soit. C’est pour cela que je me suis rapproché du Docteur Makinson et que j’ai fait cette petite vidéo. Si ça a pu aider tant mieux, on aimerait faire beaucoup plus, j’aimerais faire beaucoup plus. Et si je peux apporter une autre aide je le ferais avec grand plaisir parce que j’ai le temps de le faire et j’ai surtout l’envie de rendre la tâche la plus facile possible pour tout le monde.

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Ce n’est pas trop difficile à vivre ce confinement?

Ce n’est pas évident même si nous les sportifs nous ne sommes pas les plus à plaindre. J’ai la chance d’avoir une maison, un jardin. C’est toujours délicat dans ma position de m’emporter contre les gens qui ont du mal à respecter le confinement. J’imagine la difficulté que ça doit être quand on est en appartement, en famille ou avec peu d’espace. Mais rester chez soi c’est le meilleur moyen que l’on a pour endiguer l’épidémie et permettre aux personnels hospitaliers, qui travaillent tous les jours comme des malades, de faire leur maximum dans les meilleures conditions possibles pour soigner le plus de gens possible et éviter le maximum de victimes.

Comment vous appréhendez cela au quotidien?

C’est toujours pareil, il y a des journées ou tout va bien, des journées ou c’est plus compliqué. Mais je le répète je suis plutôt bien loti dans cette situation-là. J’ai deux garçons de 7 et 9 ans qui ont besoin de se dépenser, de courir de faire une activité. Le jardin permet de le faire. En plus, j’ai trois chiens donc cet espace permet de les dépenser, les faire jouer autrement qu’en sortant et en baladant.  J’essaye de respecter au maximum le confinement, on ne sort que mon épouse ou moi pour les courses, la pharmacie. Pour le moment, on a trouvé notre organisation. Même je lisais ce matin que la troisième semaine était la plus dure physiquement et psychologiquement. Mais on va continuer d’essayer de mettre en place des choses pour vivre au mieux ce confinement. Mais je me répète, je suis vraiment loin d’être à plaindre et j’en ai pleinement conscience.

Personnellement, vous suivez un programme de récupération pour votre genou (une rupture des ligaments croisés du genou gauche en décembre dernier). Comment cela se passe les soins avec le confinement?

Il n’y a pas de dérogation pour aller suivre un protocole de soin. Et au club, on est tous au chômage partiel donc il n’y a aucun salarié en activité. Les médecins sont à l’arrêt mais j’ai la chance d’être suivi par un des kinés qui n’est pas obligé mais qui se soucie de ma santé. On s’appelle tous les jours, il m’envoie chaque jour une séance à faire avec des exercices avec un compte rendu à la fin de la journée pour savoir comment cela s’est passé. On essaye d’évaluer sur quoi on peut axer le travail, sur quoi il ne faut surtout pas lâcher pour éviter de prendre du retard. On essaye de perfectionner au maximum. J’ai pu récupérer un peu de matériel de musculation, m’équiper de tout ce qu’il fallait pour continuer à travailler la rééducation de mon genou. L’idéal c’est d’être dans la structure avec le kiné mais à situation exceptionnelle, il faut s’adapter et pour le moment l’adaptation se passe pas trop mal.

Vous avez eu peur de prendre beaucoup de retard dans votre rééducation?

Bien sûr. Il y a des petites questions au quotidien avec ses blessures là. Quand tu es au club tu es tranquille car tout le monde est là pour te rassurer sur la petite douleur, la petite gêne, le petit mouvement. Je n’ai pas ce retour aujourd’hui mais on s’adapte. Alors oui au début, il y a eu une petite crainte pour savoir comment cela allait se passer et si c’était faisable. Progressivement ça s’est mis en place, je vois que les choses peuvent se faire et j’ai la chance d’avoir ce kiné qui est hyper disponible pour moi. Il travaille beaucoup sur des programmes pour que ma rééducation se passe le mieux possible. Aujourd’hui je suis rassuré et assez optimiste pour la suite.

Il y a beaucoup de débat en ce moment sur une éventuelle reprise du championnat. Quel est votre avis en tant que membre du comité directeur de Provale?

Aujourd’hui il y a beaucoup de points d’interrogation, beaucoup de questions des joueurs, beaucoup de craintes. Le syndicat essaye d’être au courant de tout pour pouvoir rassurer les joueurs et donner le maximum d’info. La priorité c’est de combattre le virus, de respecter au mieux les indications du gouvernement pour endiguer tout ça et de se maintenir en forme. Après c’est très difficile de se projeter sur quoi que soit tant qu’on ne sait pas quand cela va se terminer. Donc pour le moment beaucoup de gens parlent mais on ne sait rien et c’est beaucoup trop flou. J’espère juste une chose : quand viendra le temps de prendre les décisions, on pensera collectif et solidarité plutôt que de regarder son intérêt personnel. Il y a beaucoup d’enjeu financier et sportif mais on est dans un cas extraordinaire. Et au moment où il faudra décider, il faudra ce souvenir d’où l’on vient et peut être faire des sacrifices, tous : joueurs, dirigeants, clubs, ligues et fédérations. Il faut préserver notre sport, notre passion. J’espère que ça ne sera pas la guerre, qu’on sera intelligent et consciencieux pour prendre les bonnes décisions pour la survie du rugby

https://rmcsport.bfmtv.com/rugby/coronavirus-j-aimerais-aider-plus-annonce-picamoles-1886439.html

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