A partir du 11 mai, ils seront indispensables. Mais la ruée sur les masques a commencé bien avant la date annoncée du déconfinement. Même parmi les rayons cyclisme ou running des magasins de sport. Les masques anti-pollution portés par les sportifs en milieu urbain n’ont pas résisté à l’explosion de la demande face à la menace de contamination au coronavirus.

« Dès janvier, on a enregistré un pic de commande hallucinant qui venait d’Asie, témoigne Matthieu Lécuyer, co-fondateur de la marque française R-Pur. Puis, ça s’est rapproché en Europe et en France. »

« J’ai eu une hausse des ventes dès le 24 janvier, le jour de l’annonce des premiers cas de coronavirus en France, confie aussi Grégoire Dandres, président du Groupe GNG qui distribue la marque américaine, Vogmask. C’est parti complètement en vrille. J’ai tout vendu très rapidement sur la première quinzaine de février. »

Le modèle ultra-performant de la marque française R-Pur

Cette course à l’équipement n’est pas étonnante face à la pénurie de masques rencontrée par la France. D’autant que ceux portés par les cyclistes ou coureurs affichent une grosse fiabilité pour lutter contre une contamination. De nombreux modèles sont équipés de filtres homologués FFP2, niveau qui protège du virus et utilisé par le personnel soignant. 

Les masques de la marque française R-Pur vont même plus loin. « On a développé une technologique qui s’appelle nano-filtration qui est brevetée, explique son co-fondateur. Elle est la seule au monde à pouvoir filtrer les particules très fines jusqu’au nanomètre. Le masque qu’on a développé est dix fois plus efficace que la plus haute norme européenne, c’est-à-dire la FFP3. On convient parfaitement à un usage de protection contre le coronavirus. »

Decathlon n’en vend pas, les sites en ligne dévalisés

Ces masques, s’ils conviennent parfaitement, sont devenus des espèces très rares. Tout d’abord parce qu’il s’agit d’un « petit marché » en temps normal occupé par des magasins spécialisés ou des boutiques en ligne. Une grande enseigne comme Decathlon, par exemple, n’en commercialise pas. Son concurrent Go Sport vend un modèle, mais FFP1 (considéré comme barrière, il arrête moins de particules et est moins efficace face au Covid-19).

Dès les prémices de la crise, les stocks se sont vidés en un éclair. « Des pharmacies nous en ont achetés par dizaines dès le début », souffle-t-on chez Cyclable, qui compte plus d’une cinquantaine de magasins en France. Mais plus aucun de ces objets si convoités.

cyclo.jpg ICON Sport – Un cycliste au Brésil

Aussi, le rythme de production des précieux sésames s’est réduit, comme chez R-Pur qui a décidé de réorienter son expertise et ses usines basées en France au service de l’intérêt public en fabriquant une gamme pour le personnel soignant.

« Nous avons aménagé nos lignes de production pour produire des masques plus simples, pas spécialement avec une technologie de nano-filtration, permettant de s’adapter à un usage professionnel et au personnel de santé, explique Matthieu Lécuyer. C’est une production à part. Ce sont des choses qui n’ont rien à voir avec ce qu’on fait habituellement. »

Ce changement d’orientation a ralenti la fabrication des produits phares (nano) afin de répondre aux pré-commandes. Mais les ventes sur le site de la marque ont été stoppées « pour empêcher d’avoir trop de commandes et pour éviter de générer de la frustration chez les clients ».

Le secteur embauche pendant la crise

Cela n’empêche pas de maintenir l’activité. Au contraire, celle-ci explose. « C’est extrêmement intense, ajoute Matthieu Lécuyer. On travaille quasiment deux fois plus. Je dirais qu’on a enregistré deux fois plus de ventes que l’année dernière, ce qui est beaucoup. (…) On continue notre activité à 200%. On a même embauché des personnes pendant le Covid-19. On va continuer à en embaucher puisqu’une nouvelle ligne de production en Île de France est bientôt prête. »

La tâche est plus ardue pour les masques produits hors de l’espace Schengen. « Je n’en ai plus depuis deux mois, explique Grégoire Dangre de Vogmask. Ils sont interdits d’export en Corée du Sud où ils sont fabriqués. (…) Même les Américains n’ont plus de masques. Il n’y a plus aucun Vogmask disponible sur Terre! »

Facile à porter pendant 8h d’affilée

Pour les heureux bénéficiaires, le produit est, en plus d’être efficace, facile à porter. R-Pur, qui a adapté son concept aux sportifs urbains après avoir débuté par les deux-roues motorisés, vante l’aspect « respirant » et « hyper confortable ». « On a travaillé sur un design qui ne vient pas appuyer sur les oreilles et qui permet une herméticité parfaite sur le visage, explique Matthieu Lécuyer. Il va prendre la forme de votre visage et vous n’avez aucune fuite d’air possible et aucune possibilité de respirer un air pollué et contaminé par le Covid-19. »

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Selon les modèles, l’objet est moins oppressant qu’un masque classique et facile à porter dans les transports, ou même pendant 8h sur son lieu de travail. « Il n’y a pas de condensation à l’intérieur, c’est super agréable et on peut vraiment le porter toute la journée sans aucun problème », assure-t-on aussi chez Vogmask. La marque, lancée en 2011 (et distribuée en France depuis 2015) pour lutter contre la poussière du festival Burning Man, met en avant la légèreté du coton, bien plus supportable que les masques en néoprène, le même matériau que celui utilisé pour les combinaisons de plongée. Ceux-ci tiennent plus chauds et provoquent de la condensation. 

La qualité a un prix élevé

Pour le côté technique, le produit R-Pur est équipé de filtre à changer « en moyenne toutes les 8 ou 9 semaines » (29 euros l’unité). « Pour quelqu’un au bureau toute la journée, il y en a bien pour quatre mois », précise-t-on. La marque, qui collabore avec le gouvernement, le secteur aéroportuaire et certaines enseignes de mode, a même créé une application qui détermine le degré d’usure selon plusieurs données agrégées. Chez Vogmask, le filtre est intégré à la totalité. Impossible donc de le changer. Quand le filtre est plein, il faut investir dans un nouveau masque à la durée de vie de 400 heures en moyenne. 

Evidemment, les prix ne sont pas les mêmes selon ces caractéristiques. Le modèle (FFP1, qui ne protège pas du coronavirus) de Go Sport vaut 15,99 euros. Ils oscillent entre 35 euros (FFP1) et 45 euros (FFP2) chez Vogmask. Ils montent en flèche chez le concurrent français, R-Pur, entre 119 et 149 euros, tous au-delà de la norme FFP3 (la plus élevée existante). « On maîtrise l’intégralité du produit puisqu’on fait les recherches du tissu jusqu’au fil qu’on va utiliser dans le produit, justifie Matthieu Lécuyer. L’usine de production textiles n’est pas la nôtre mais c’est nous qui approvisionnons tous les tissus et qui faisons faire sur mesure toutes les pièces du produit pour son assemblage. On arrive à ces niveaux de performance et d’exigence qui n’ont encore jamais été égalés. » Mais quasiment introuvables sur le marché actuellement.

https://rmcsport.bfmtv.com/cyclisme/coronavirus-les-masques-de-velo-si-rares-si-cher-1900182.html

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