Les supporters tricolores vont devoir faire encore preuve d’un peu de patience. Il ne reste plus que quelques heures avant l’entrée en lice du XV de France à la Coupe du monde de rugby disputée au Japon. Ce samedi (9h15, heure française), les protégés de Jacques Brunel débuteront leur tournoi lors d’une rencontre cruciale pour la qualification face à leur bête noire: l’Argentine.

Si les Pumas ont laissé une impression mitigée lors du récent Rugby Championship cet été, les joueurs français s’en méfient et comptent bien afficher beaucoup de sérieux pour ne pas rater cette entame au Mondial. « On peut s’attendre à tout parce que c’est une autre compétition, peut-être que sur le Four Nations ils n’avaient pas envie de péter des mecs en allant plutôt doucement pour être à 100% sur cette compétition, a rappelé Sébastien Vahaamahina ces derniers jours. Donc on se prépare à tout et pour nous, le mieux, c’est de se préparer à ce qu’ils soient meilleurs. »

Remporter le duel en mêlée

Premier axe sur lequel les Bleus auront une grosse carte à jouer, le secteur de la mêlée. Autrefois redoutée par les meilleures équipes de la planète ovalie, la fameuse « bajadita » argentine n’est plus que l’ombre d’elle-même ces derniers temps. Au XV de France d’en profiter pour récolter des pénalités ou pour stabiliser leurs lancements de jeu. Mais attention, si le vétéran Agustin Creevy n’a plus ses jambes d’avant et si Chaparro ou Figallo ne sont pas de la trempe des Roncero ou autre Scelzo, Jacques Brunel se refuse à sous-estimer le pack des Pumas. « La mêlée argentine, c’est quand même traditionnellement une de leur force donc même s’ils peuvent avoir eu ces derniers temps quelques soucis, je doute fort qu’ils ne soient pas revenus sur leur force et être capable d’en faire un secteur fort », a prévenu le patron des Bleus.

Un sentiment partagé par Cyril Baille. « Tout le monde parle de la mêlée de l’Argentine, peut-être qu’ils ont eu du mal sur un ou deux matchs, mais c’est arrivé à tout le monde nous aussi on a eu du mal sur un ou deux matchs, a abondé le pilier du Stade Toulousain. Je pense que ça sera un gros combat sur la mêlée et il faut s’attendre à ce qu’il soit très costaud. »

Imposer un gros rythme

Lors du récent Tournoi des VI Nations, le XV de France a souvent réussi à faire jeu égal avec ses adversaires avant de connaître un énorme trou d’air sur le plan physique. Malgré l’entrée des remplaçants, les Bleus ont tiré la langue en fin de match et ont fini par céder au combat. Pire, les adversaires des Français l’ont confirmé, il suffisait d’enchaîner les temps de jeu pour trouver la faille au cœur d’une défense tricolore pas habituée à une telle intensité en Top 14. Et ça, le staff de Jacques Brunel l’a bien compris et a mis l’accent sur le foncier et le physique lors du stage de préparation pour cette Coupe du monde.

L’arrivée de Thibault Giroud pour prendre en charge le secteur de la performance vient répondre à ce besoin de densité dans la préparation physique. Et cela pourrait bien la différence lors du duel contre la sélection sud-américaine ce samedi à Tokyo. En face, la saison de Super XV a épuisé les joueurs des Jaguares présents en nombre au sein de l’équipe entraînée par Mario Ledesma. Mais là encore, les Bleus ne veulent pas croire que leurs rivaux ne seront pas capables de répondre présent dans le combat.

« Je pense qu’ils étaient un peu fatigués à cause de la grosse saison de Super XV mais il ne surtout pas se fier à ces matchs là parce que, quand même, ils jouent contre l’Afrique du Sud qui est en pleine bourre, la Nouvelle-Zélande, l’Australie qui se devait se racheter chez elle. Donc il ne faut pas se fier à cela, a insisté un Maxime Médard méfiant en conférence de presse. Je trouve que c’est une équipe qui est très forte, qui est très bien en place, qui ont des leaders qui sont importants et qui sont très bons. »

Protéger Ntamack

Jacques Brunel a pris une décision forte en alignant Romain Ntamack à l’ouverture pour ce match contre l’Argentine. A vingt ans, le numéro dix aura la lourde charge de guider l’attaque du XV de France dans ce Mondial nippon. Mais pour cela, le reste des Bleus devront protéger leur buteur. Capable de franchir la ligne d’avantage ou encore d’alterner avec du jeu au pied pour mettre en difficulté la défense adverse, le prodige du Stade Toulousain se verra très certainement ciblé par les Argentins. « Il a toujours vingt ans et le jeu s’articule autour de lui donc on va essayer de le mettre sous pression mais pas plus qu’un autre dix, a prévenu Mario Ledesma, le sélectionneur sud-américain. Si on arrive à le mettre sous pression et qu’il subit, on aura eu raison. »

Fort de ses automatismes avec les autres stadistes des lignes arrières (Médard, Huget, Dupont), l’ouvreur tricolore pourrait dynamiter les Pumas. Encore faudra-t-il réussir à le mettre dans les meilleures conditions ce samedi. « Il est prêt déjà depuis un petit moment, c’est un joueur qui est déjà très calme à son âge même si parfois il s’agace, a rappelé Maxime Médard à propos de son partenaire à Toulouse et chez les Bleus. On est là pour le rassurer, pour lui dire que c’est quand même lui qui doit guider l’équipe. C’est un joueur qui est quand même précieux, techniquement il a un gros bagage. C’est surtout son calme et sa sérénité qui m’impressionnent. »

Garder son calme et faire parler l’expérience

Et garder son calme, justement, voilà peut-être l’un des éléments cruciaux de cette rencontre face à l’Argentine. Pour s’éviter de tomber dans le piège des Pumas comme les Bleus de Bernard Laporte en 2007, déjà en ouverture de la Coupe du monde (une défaite 12-17), Jacques Brunel a décidé de faire confiance à des joueurs d’expérience. Ainsi, Guilhem Guirado a été préféré à Camille Chat au poste de talonneur et Rabah Slimani sera également aligné dès le coup d’envoi. Face à des Argentins qui ont la réputation de truqueurs de match, cela pourrait faire la différence.

De même, le sélectionneur tricolore a opté pour l’expérience en sortie de banc avec Louis Picamoles et Maxime Machenaud, préféré à Baptiste Serin. « On a mis de l’expérience sur le banc pour, on l’espère, apporter quelque chose en deuxième partie avec Louis Picamoles et Maxime Machenaud, a précisé le patron du groupe tricolore face aux médias. Je répète, c’était plutôt l’expérience sur les fins de matchs que Machenaud peut nous apporter. Ils ont deux profils qui sont différents. Serin est plus un animateur avec beaucoup de qualités physiques, un peu sur les mêmes qualités que peut avoir Antoine Dupont. Et Max est peut-être un peu plus gestionnaire donc c’est aspect-là qu’on a pris en compte. »

https://rmcsport.bfmtv.com/rugby/coupe-du-monde-les-cles-du-match-france-argentine-1771429.html

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