On ne peut pas contrôler la météo. Un typhon d’une ampleur inimaginable va toucher, dès ce weekend, l’archipel nippon et tout est remis en cause. Alors que tout s’était jusqu’ici déroulé sans accroc, que la coupe du monde de rugby, pour la première fois organisée en Asie, dans un pays peu féru de ballon ovale, était un succès médiatique, que les stades étaient remplis et que la ferveur populaire battait son plein, tout risque de s’écrouler.

C’est en tout cas ce que doivent se dire les organisateurs et les promoteurs de la compétition. Les milliards garantis en termes de retombées économiques et contribution directe au PIB pourraient très certainement se réduire.

Le Mondial 2019 plus rémunérateur qu’en 2015

À quelques mois de la coupe du monde 2019, des études estimaient un retour sur investissement de plus de 1,8 milliard de dollars, des retombées économiques directes, indirectes et induites évaluées à 3,6 milliards et un gain, pour la fédération internationale de rugby, de 290 millions de dollars.

C’est simple, tout le monde pensait que le Mondial allait être le plus rémunérateur de l’histoire, plus que le Mondial anglais de 2015, générateur de 277 millions de dollars de gains pour World Rugby et entre 1,4 milliard pour l’économique britannique.

Le Japon s’attendait à accueillir entre 450.000 et 600.000 touristes, en octobre et novembre, à un moment où l’industrie touristique est à son plus bas niveau. C’est presque deux fois plus que l’Angleterre qui avait vu 400.000 touristes en plus débarquer lors de la compétition, en 2015. 1,8 million de billets avaient été vendus, soit 95% du total, et les droits TV totaux avaient crû de plus de 30% en moyenne.

Et au final? Presque tous les matchs de samedi et dimanche risquent d’être annulés, avec le risque de typhon, dont le fameux Angleterre-France voire l’important Japon-Écosse. Annulés et non reportés. Autrement dit, une perte sèche en matière de billetterie et de retombées touristiques.

Combien ça va coûter?

Avec un scénario prudentiel, en supposant que la coupe du monde devait générer 1,8 milliard de dollars, ces annulations pourraient coûter jusqu’à 2,5 millions par rencontre, sans compter les conséquences induites liées à la consommation touristique avant, pendant et après l’événement.

En France, ces aléas de la météo pourraient aussi être dommageables. En effet, le groupe TF1 espérait truster les premières places matinales, grâce au mondial de rugby, et notamment réaliser de très belles audiences, supérieures à 5 millions de téléspectateurs, grâce aux matchs de l’équipe de France.

Qui dit audience importante dit aussi tarif publicitaire au moins supérieur à 50.000€ les trente secondes. Et jusqu’à 150.000€ en cas de demi ou de finale du XV de France. De quoi pouvoir rentabiliser l’investissement de 45 millions d’euros consentis pour s’offrir les droits exclusif de la compétition.

Seulement, sans l’emblématique Angleterre-France, affiche attendue par tous les fans de rugby, c’est potentiellement la perte d’une rencontre à fort capital d’audience et c’est renoncer à une somme estimée comprise entre 450 000 et 1 million d’euros de rentrées publicitaires. Si l’on rajoute à cela l’annulation de la rencontre Nouvelle-Zélande-Italie, elle aussi médiatiquement importante, voire Japon-Écosse, la facture grossit.

C’est donc avec une certaine amertume, au-delà de la déception sportive, que les différents organisateurs et observateurs ont dû apprendre ces annulations de matchs. Après, d’autres pourraient rétorquer qu’il ne fallait pas « organiser la coupe du monde pendant la saison des typhons », tout simplement.

https://rmcsport.bfmtv.com/rugby/coupe-du-monde-les-lourdes-consequences-economiques-apres-les-matchs-annules-1784650.html

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