« C’est une première. J’ai beaucoup bougé, j’ai joué dans énormément de pays. Il fallait que je rentre en France pour voir ça… C’est pour ça qu’au départ, je n’y croyais pas. J’ai joué en Turquie, en Angleterre… Je n’ai jamais vécu ça. »

Les mots de Prince Gouano à l’issue de la rencontre entre Dijon et Amiens (0-0), interrompue durant sept minutes après des cris racistes le visant ouvertement, sont forts et témoignent de l’incrédulité du capitaine amiénois. C’est la première fois en France qu’une telle interruption se produit. Et s’il n’a pas voulu porter plainte contre l’auteur des faits en invoquant ses valeurs et la volonté de pardonner, le défenseur français n’a semble-t-il jamais connu pareille situation auparavant, alors qu’il a pourtant beaucoup voyagé. Et rapidement.

Pas de précédents de la sorte pour Gouano

Formé au Centre de formation de football de Paris avant de partir au Havre en 2007, où il est le capitaine de la génération Pogba, Prince Gouano prend rapidement la direction de l’Italie. Un pays qui n’est pas épargné par les affaires de racisme. Avant la pépite de la Juve Moïse Kean, Mario Balotelli avait également été visé par des cris similaires. En décembre dernier, le défenseur sénégalais Kalidou Koulibaly avait été victime de pareils propos à San Siro lors d’une rencontre de Serie A entre l’Inter Milan et le Napoli (1-0).

Mais l’expérience transalpine n’est pas fructueuse pour le Français, né à Paris, puisqu’il ne joue pas avec la Vieille Dame et est prêté à des clubs de Serie B. La Juve cède la moitié des parts du joueur à l’Atalanta Bergame en 2013, qui le prête dans la foulée aux Pays-Bas, au RKC Waalwijk (1ère division néerlandaise).

C’est là que Gouano lance véritablement sa carrière de footballeur professionnel avant d’enchaîner les prêts successifs. Mais ni dans le championnat hollandais, ni au Portugal (Rio Ave (2014-2015), Vitoria Guimaraes (2016-2017), ni en Angleterre (Bolton (2015-2016)) ou en Turquie (Gaziantepspor (2015-2016) le Français n’est victime d’injures à caractère raciale.

« Certaines personnes me demandent parfois si j’ai l’impression de m’être perdu, mais je pense plutôt que j’ai beaucoup appris à l’étranger. J’ai engrangé de l’expérience et ça va me servir pour la suite », expliquait-il lors de son retour en France à Amiens en 2017. Malgré le fait d’avoir connu de chaudes atmosphères dans cinq championnats différents, c’est bien dans son pays, en France, que le racisme l’a touché aussi durement pour la première fois. 

https://rmcsport.bfmtv.com/football/cris-racistes-gouano-qui-a-beaucoup-joue-a-l-etranger-n-a-jamais-vecu-ca-ailleurs-1672485.html

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