Les protestations de vendredi dernier, à l’origine du raccourcissement de 100 km sur 258 km, lors de la 19e étape du Giro, ont fait polémique. Au lendemain de l’arrivée finale du tour d’Italie, marquée par la première grande victoire de Tao Geoghegan Hart, l’association des coureurs cyclistes a tenu à réagir dans une lettre ouverte pour « expliquer les raisons de (leur) position ». Cette demande exceptionnelle était tout d’abord justifiée par les conditions inhabituelles que vivait le peloton selon eux: « Une saison difficile et stressante pour tout le monde, épuisés par la fatigue des jours précédents, dans laquelle nous avions accumulé non seulement plus de 15.000 mètres de dénivelés en seulement 600 km mais aussi des transferts interminables, des réveils à l’aube, des repas en bus et avec le souci de ne pas tomber malade en ces temps exceptionnels d’urgence croissante due à la pandémie mondiale ».

Les coureurs n’ont « pas eu peur de la pluie ou du froid »

Les coureurs ont tenu à rappeler qu’ils n’avaient « pas eu peur de la pluie ou du froid, car nous l’avons prouvé en gravissant le Stelvio fin octobre ». Une problématique qu’avait beaucoup fait réagir certains dirigeants comme Marc Madiot, manager de l’équipe Groupama-FDJ: « Quand on s’engage sur un Grand Tour sur trois semaines, on sait que la fatigue, on va la rencontrer. Si on ne veut pas accepter la fatigue dans la troisième semaine, on change de métier », avait protesté au micro de la chaîne l’Equipe vendredi dernier.

Simplement, le peloton estime dans sa lettre que c’était « tout simplement trop pour que notre système immunitaire affronte une étape de 260 km par mauvais temps ».

« Nous aurions probablement dû parler d’abord à l’organisation et au jury »

Des conditions qui ont poussées certains cyclistes membres de l’associaton à protester auprès de l’organisation du Giro. A quelques minutes de prendre la route entre Morbegno et Asti, un groupe de coureurs a longuement échangé avec Mauro Vegni, directeur du Giro et les commissaires de l’UCI. Cependant, le CPA reconnaît que la manière employée lors de cette étape n’était pas la meilleure: « Nous aurions probablement dû parler d’abord à l’organisation et au jury, mais jusqu’à présent, chaque fois que nous l’avons fait, nous n’avons pas été entendus. Pas même lorsqu’il y a eu des accidents graves, lorsque nous avons demandé à évaluer les itinéraires, les transferts, les arrivées et bien d’autres situations qui se sont avérées dangereuses pour notre sécurité. »

Le CPA a tenu à rappeler tous les efforts que doivent faire les cyclistes pour que la saison 2020 ait pu se dérouler dans les meilleures conditions, subissant « toutes sortes de contrôles, des voyages et transferts au péril de leur santé et celles de leurs proches ». Tout cela malgré « les barrières de protections et les motos qui nous ont touchés alors que nous nous battions sur nos vélo ». Une protestation qui est donc justifiée par « la fatigue et les pensées qui se sont accumulées dans nos corps et nos âmes jusqu’à ce qu’elles explosent à Morbegno ».

Cette lettre ouverte se termine sur une note positive, relevant le bon déroulement des deux grands tours: « Nous sommes heureux d’être arrivés à Paris avec le Tour de France, à Milan avec le Giro d’Italia, nous espérons que la Vuelta pourra atteindre Madrid en toute sécurité et qu’en 2021 nous pourrons courir dans toutes les compétitions qui ont été reportées, de la plus connue à la moins célèbre. « .

https://rmcsport.bfmtv.com/cyclisme/cyclisme-l-explication-des-coureurs-du-giro-apres-leur-mouvement-de-protestation-1997226.html

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