2017 aura été l’année de presque tous les succès pour Mathilde Gros. Cette année-là, à Montichiari en Lombardie, lieu réputé pour avoir été l’objet plusieurs apparitions de la Sainte-Vierge au vingtième siècle, les Championnats du monde junior sont les siens. Elle y glane 3 médailles d’or, en keirin, en vitesse individuelle, et en 500 mètres. Peut-être un signe, mais tout sauf un miracle pour cette fervente chrétienne catholique qui touche sa croix en or en essayant d’y puiser de la force avant chacune de ses courses. Une confirmation même pour la native de Cornillon-Confoux dans les Bouches du Rhône, quelques mois après avoir pris la 5e place lors de la vitesse individuelle lors des mondiaux élite cette fois ci de Hong-Kong.

« On m’a collé l’étiquette de celle qui gagne tout » 

On imagine alors de l’or chez les grands pour Mathilde Gros. Beaucoup d’or, et très très vite. Sauf que si les médailles pleuvent sur la scène européenne, elles tardent à venir au niveau planétaire. Et il faudra attendre les mondiaux de Pruszkow l’an passé en Pologne pour enfin monter sur un podium mondial, avec une médaille de bronze en vitesse féminine. « On m’a collé l’étiquette de celle qui gagne tout. Mais à Berlin, je ne fais pas partie des favorites. En même temps, c’est normal. Ce sont mes quatrièmes mondiaux chez les grandes, mais je n’ai que 20 ans. » 

Et encore beaucoup d’expérience à acquérir explique Bruno Lecki, manager de l’équipe de France de cyclisme sur piste. « La progression est là, Mathilde est jeune et joue déjà à haut niveau. Le bronze l’an passé, ça lui donne déjà un palmarès qui la situe au niveau international. Mais de junior à élite, le passage est toujours difficile. On tombe sur des femmes, expertes du niveau international depuis longtemps. Et dans ce contexte-là, elle ne sport pas du lot malgré ses qualités extraordinaires. »

Une préparation mentale mise en place 

Des qualités notamment reconnues, sur le plan physique, en terme de capacité à tenir comme presque personne de longs sprints. Des qualités aussi sur son organisation. Sérieuse dans son approche de l’entraînement et pour tout ce qui concerne son hygiène de vie, elle a pourtant parfois du mal à accepter de ne pas avoir une progression linéaire en dépit de ces efforts. « A long terme ça payera mais dans l’immédiat ça peut faire apparaître une fragilité, analyse Bruno Lecki. Elle s’interroge parfois quand les résultats sont moins bons, quand les entraînements sont trop durs. C’est le revers de la médaille de sa capacité à tout le temps se remettre en question. C’est presque trop. »

Alors, dans le staff de l’équipe de France, on joue beaucoup la carte préparation mentale depuis quelques saisons. Une dimension essentielle qui fait l’ultime différence au plus haut niveau. « On introduit peu à peu des personnes autour de Mathilde, explique Bruno Lecki. Un athlète de haut niveau est un être humain avant tout. Changer son environnement n’est pas forcément chose facile. Et avec Mathilde c’est un travail à long terme. Préparer le mental, c’est aider Mathilde à aller plus loin dans la douleur à l’entraînement à gérer et répondre à la pression médiatique, etc. »

Gros vise une médaille à Berlin… et la qualification olympique 

Et bien sûr à se mobiliser les Jour-J. Car à seulement 20 ans, Mathilde Gros n’a pas une expérience énorme du haut niveau. Dans un sport où les grands rendez vous sont rares, la pensionnaire de l’US Créteil sait encore devoir prendre de la bouteille sur la piste. « Je dois arriver à développer de nouveaux  schémas tactiques en compétition. Savoir réagir en toute circonstance. En ce sens les mondiaux de Berlin en année olympique vont beaucoup m’aider ».

L’objectif en tout cas sur ces mondiaux sera de répondre présente sur le tournoi de vitesse dont elle est loin d’être la favorite. Même si la Français semble déjà en forme, elle qui a battu ce jeudi son record n vitesse individuelle sur 200m départ lancé dès les qualifications ce jeudi (10sec533 contre contre 10sec609 réalisé en 2018). Mathilde Gros tentera de repartir aussi avec au moins avec une médaille sur l’épreuve du keirin sur laquelle elle a fait deux podiums cet hiver à Minsk et à Glasgow en Coupe du monde. Une telle performance lui assurerait aussi en toute circonstance une qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo. L’objectif prioritaire en 2020 pour Mathilde Gros.

https://rmcsport.bfmtv.com/cyclisme/cyclisme-sur-piste-pourquoi-mathilde-gros-ne-domine-t-elle-pas-en-elite-comme-en-junior-1865538.html

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