Les Mondiaux de Doha ont été un échec pour l’équipe de France d’athlétisme. Doyen de cette délégation tricolore, Yohann Diniz appelle à la remobilisation générale à moins d’un an des JO de Tokyo. Bien au-delà de la piste.

L’argent de Quentin Bigot au marteau et le bronze de Pascal Martinot-Lagarde au 110m haies, voilà tout ce que l’équipe de France d’athlétisme a pu se mettre sous la dent durant les Mondiaux de Doha. « On a réalisé un championnat très moyen, pour ne pas dire médiocre« , avoue André Giraud, le président de la fédération. « Si on reste là, sans bouger, en se disant que ça va aller, on va se prendre le mur! Nous, on va agir. Les athlètes qui étaient présents, soit ils prennent conscience qu’ils ont un vrai travail à faire pour atteindre le très haut niveau et leurs entraîneurs avec eux, soit ils resteront des bons athlètes qui chercheront simplement à se qualifier« , tonne pour sa part le DTN Patrice Gergès, ainsi relayé par RMC.  

Dans une interview accordée à L’Equipe, Yohann Diniz fait évidemment le même constat d’échec, mais en pointant les manquements de l’encadrement quant à lui. « Nous, on est venu là avec nos seuls moyens physiques et on repart avec des doutes. […] Je n’ai pas vu ici des choses qui étaient mises en place pour Tokyo. On sait qu’on ira préparer Tokyo avec un camp de base pour l’an prochain à Kobe, mais on n’a pas préparé Doha et on voit ce qui se passe: on part avec un bilan maigrichon« , souffle le marcheur de 41 ans, qui lui-même a abandonné dans l’épreuve du 50 km, accablé par la touffeur qatarienne.

Baala et Barras pointés du doigt

« De l’extérieur, j’ai l’impression de voir une partie technique qui est dans un coin, une partie fédérale qui est dans un autre, un lien qui n’est plus fait entre les deux. Il n’y a plus tellement d’osmose entre ces deux parties. Ça se ressent même maintenant dans l’encadrement, dans l’investissement, poursuit Yohann Diniz. Les fondations qui avaient été montées en 2009 s’effritent très rapidement. Il faut vite se regrouper, se parler, se dire les choses. Il faut aussi qu’il y ait quelqu’un pour faire la cohésion, le lien entre le fédéral, la DTN et les athlètes. Et remettre des bonnes bases et une ambiance. On a besoin d’une locomotive, on a besoin d’un meneur.« 

Le champion du monde 2017 insiste: « Il nous faut quelqu’un qui soit capable de taper du poing sur la table et de dire: maintenant, on est à dix mois des Jeux, on a loupé l’échéance de Doha. On a perdu une bataille mais pas la guerre. […] Il faut remettre de la fermeté mais aussi de la confiance. J’ai l’impression qu’on en manque en ce moment. » Et d’égratigner au passage ses anciens collègues Mehdi Baala et Romain Barras, devenus respectivement directeur de l’équipe de France et chef de projet de la compétition: « Je ne les ai pas trop vus. Je les ai sentis un peu en retrait par rapport à ce que j’ai pu avoir avant, avec des gens super-investis et avec la pêche. Je les ai trouvés un peu abattus comme quand tu étais athlète et que tu avais fait une contre-performance.« 

http://www.sports.fr/athletisme/articles/diniz-tire-la-sonnette-d-alarme-avant-les-jeux-2596934/

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