Invité ce lundi de BFM TV, l’ancien nageur Alain Bernard est revenu sur le combat qu’il mène actuellement pour sa mère. Eliane Bernard fait partie de nombreuses victimes d’un chirurgien d’un hôpital de Gap, soupçonné d’avoir utilisé une nouvelle méthode opératoire sans le consetement des patients.

Après avoir livré de nombreuses batailles dans les bassins, Alain Bernard mène ces dernières semaines un combat personnel, pour défendre sa mère Eliane. La maman du double champion olympique de natation est l’une des nombreuses victimes d’un chirurgien de l’hôpital de Gap, soupçonné d’avoir testé un protocole médical sans prévenir ses patients.

L’ancien spécialiste du 100m nage libre, médaillé d’or à Pekin lors des Jeux Olympiques 2008, a relayé un appel poignant ce lundi dans les colonnes du Parisien. Souffrante d’une hernie discale, Eliane Bernard a été opérée en janvier 2017 par un médecin qui ne lui a pas précisé l’utilisation d’une nouvelle technique chirurgicale.

Invité de BFM TV pour évoquer cette affaire, Alain Bernard a expliqué sa démarche. « On décide de mettre l’affaire au grand jour, on essaie de recueillir un maximum d’informations par rapport à ces éventuels patients lésés par cette opération, sans en avoir été prévenus, a indiqué l’ancien sportif de haut niveau. Le but de notre combat, c’est de savoir, puisqu’il y aurait entre 80 et 120 personnes qui auraient subi cette opération non-reconnue par l’ARS (Agence régionale de santé, ndlr). On veut étoffer nos rangs dans notre combat qui s’annonce très long face à ce chirurgien. »

Une action menée en justice

Le chirurgien suspecté d’avoir utilisé de nouvelles pratiques sans l’accord de ses patients a été suspendu il y a plusieurs semaines. « Ma mère souffrait de douleurs de dos depuis plusieurs années. Elle avait décidé de se faire opérer dans la ville de Gap, où elle réside pour pouvoir pallier ça. On lui a d’abord suggéré de faire une arthrodèse puis le chirurgien lui a proposé de faire une opération moins invasive. Cette proposition alternative consistait à insérer un ciment dans les vertèbres pour lui redonner de l’espace et éviter ses douleurs, a expliqué Alain Bernard. Il s’avère que la méthode opératoire consistait à cimenter les disques intervertébraux et on s’est rendu compte, après coup, que ce n’était pas la seule à avoir été victime de ce mode opératoire pas encore reconnu à ce jour. Cela a engendré des séquelles graves avec une fuite de ce ciment dans sa colonne vertébrale, ce qui a aggravé son cas. Elle se retrouve en difficulté pour marcher. »

Eliane Bernard évoque désormais « des souffrances quotidiennes » depuis cette opération. La mère du nageur a appris dans la presse en octobre dernier les techniques utilisées par son chirurgien, lui donnant le sentiment d’avoir été utilisée comme une « cobaye ». « Cette étude mise en place n’a pas été décrite explicitement. Même avant l’opération, aucun document ne stipule ce mode opératoire avec ce ciment injecté. Elle a subi quelques mois plus tard une nouvelle opération pour enlever ces morceaux de ciment. C’est quelque chose de très lourd et très grave, a précisé Alain Bernard. Elle était ressortie en marchant. Sortir de l’hôpital le lendemain en marchant, après une opération de la colonne vertébrale à 67 ans, ce n’est pas anodin. On l’a su, après coup, grâce à un lanceur d’alertes qui a voulu nous unir. On porte l’action en justice. »

Le collectif des « victimes de la cimentoplastie discale » a fait appel à un avocat pour porter cette affaire en justice et espère maintenant recueillir de nouveaux témoignages notamment grâce à la mise en place d’une adresse mail (collectif.cimentoplastie@gmail.com).

https://rmcsport.bfmtv.com/natation/elle-a-des-sequelles-graves-alain-bernard-detaille-le-combat-qu-il-mene-pour-sa-mere_AN-202102220404.html

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