Les courses automobiles virtuelles, c’est du sérieux. Daniel Abt l’a appris à ses dépens. Le pilote allemand de Formule E a été suspendu mardi par son écurie Audi Sport pour avoir triché lors de l’événement officiel Race at Home Challenge, reproduisant l’ePrix de Hong Kong sur le jeu vidéo de simulation rFactor 2. Il a été disqualifié pour avoir fait croire qu’il pilotait alors qu’il avait laissé son volant à Lorenz Hörzing, un professionnel de l’e-sport. L’intention de tromper semble indéniable: le « doubleur » portait la combinaison officielle, casque compris, du fraudeur.

Âgé de 27 ans, Daniel Abt court pour Audi depuis 2016. Dans un communiqué, l’écurie laisse entendre que le comportement de son pilote a nui à l’image de la marque: « L’intégrité, la transparence et le respect constant des règles applicables sont des priorités absolues pour Audi. Cela s’applique à toutes les activités auxquelles la marque participe sans exception. C’est pourquoi Audi Sport a décidé de suspendre Daniel Abt avec effet immédiat ».

Polémiques en cascade dans l’e-sport

« Je ne l’ai pas pris aussi sérieusement que j’aurais dû le faire, admet de son côté Daniel Abt. Je le regrette d’autant plus que je sais combien de travail a été consacré à ce projet par l’organisation de la Formule E. Je suis conscient que mon infraction a un goût amer, mais elle n’a jamais été faite dans une mauvaise intention. Bien entendu, j’accepte ma disqualification de la course ».

Depuis le début de la crise sanitaire, qui a permis aux simulations automobiles de se retrouver sous le feu des projecteurs, les compétitions virtuelles ont fait l’objet de quelques controverses liées à des comportements déplacés. Kyle Larson, pilote américain de NASCAR, a notamment vu son engagement avec l’écurie Chip Ganassi Racing être rompu pour avoir tenu des propos racistes sur le jeu iRacing. Lors d’une course en ligne d’IndyCar, des accidents et des manoeuvres douteuses, impliquant notamment le champion français Simon Pagenaud et Lando Norris malgré lui, ont suscité l’indignation de nombreux internautes.

La fin de la récréation?

Le fait que les contrats « réels » puissent être potentiellement menacés à cause de faits et gestes dans les jeux vidéo pourrait pousser de nombreux pilotes professionnels à remettre en question leurs participations aux courses virtuelles. « Plus de streaming, désolé les gars », a notamment lâché James Calado, membre de l’écurie Jaguar en Formule E. « Goodbye Twitch », a abondé Antonio Felix da Costa, pilote pour DS Techeetah. « Ça va trop loin », déplore de son côté le Néerlandais Nicky Catsburg, considérant que ces courses doivent rester « fun ».

Double champion du monde français de Formule E et à l’initiative des premières courses virtuelles au début de la période de confinement, Jean-Éric Vergne s’est montré perplexe sur son compte Twitter quant aux conséquences réelles des incidents dans les courses en ligne.

« C’est un jeu qu’il faut prendre au sérieux, mais c’est un JEU. Que dire de tous les pilotes qui se crashent volontairement et qui se feraient retirer leur permis si c’était la réalité? J’ai été éliminé de presque toutes les courses pour des comportements antisportifs et pour avoir été utilisé comme frein par d’autres pilotes », a-t-il écrit, avant de se dire malgré tout « d’accord » avec un internaute lui faisant remarquer qu’il était question de faire preuve de « professionnalisme » lorsque ces courses en ligne sont des événements organisés.

https://rmcsport.bfmtv.com/auto-moto/formule-e-un-pilote-suspendu-par-son-ecurie-pour-tricherie-dans-un-jeu-video-1921044.html

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