Avec elle, le premier regard est un peu froid, fermé. Une marque de sa grande timidité et une certaine manière de se protéger. Les médias, ce n’est pas son truc. Mais après quelques échanges, durant environ 30 minutes, Marie-Antoinette Katoto se confie comme rarement. Au fil des questions, la meilleure buteuse de Division 1 féminine 2018-2019 (22 buts) se relâche, le sourire apparaît sur son visage. Surtout quand elle évoque ses premiers matchs à cinq ans au pied des immeubles de la cité des Grèves à Colombes (Hauts-de-Seine): « En bas de chez moi, il n’y avait qu’un terrain de foot en plein milieu des immeubles, c’était un peu le seul endroit où on pouvait jouer. Et il y avait plusieurs ballons, c’est venu naturellement. Il n’y avait pas vraiment de poste, je m’amusais, cela n’avait pas trop l’air de les déranger (les garçons). J’ai eu un peu de chance, parce que c’est plus compliqué pour certaines filles avec les garçons. »

Le PSG, le club d’une carrière

Quelques mois plus tard, elle s’inscrit au Racing Colombes. Au début, ses parents ne sont pas emballés par le football: « Ils n’étaient pas trop d’accord mails ils voyaient que je faisais ce que j’aimais, que je m’éclatais. Ils m’ont plutôt laissé tranquille et m’ont dit ‘vas-y, va t’amuser’. Petit à petit, je les ai fait s’intéresser au football féminin et je leur ai fait découvrir l’INF Clairefontaine. A partir de là, ils ont découvert le foot féminin. »

Et puis, lors d’un match, elle est repérée par Laure Lepailleur, alors éducatrice d’équipes de jeunes du PSG, à côté de sa carrière de joueuse: « Elle me dit de venir faire des entraînements et de voir un peu comment c’était au Paris Saint-Germain. » En 2011, elle découvre l’univers d’un club professionnel. Celui qui la faisait rêver depuis toute petite. « MAK » regardait les matchs du PSG à la télévision et se rendait au stade de temps en temps, émerveillée par le Parc des Princes: « Les voir en vrai, c’était magique. Mais à cette époque-là, je ne savais pas encore que c’était possible de devenir professionnelle. »

Depuis un an et demi, la chef d’orchestre des cris de victoire empile les buts (30 en championnat), après avoir été sacrée championne d’Europe U19 en 2016 (et meilleure buteuse du tournoi), championne de France U19 face à l’OL. Elle possède un sens du but et un profil d‘attaquante particulier. Une force sur le terrain qui contraste avec quelques failles. Pour l’anecdote, elle ne sait pas nager. En vacances avec quelques amies, dont son ancienne coéquipière Anissa Lahmari (aujourd’hui joueuse de l’ASJ Soyaux), elle panique quelque peu au bord de l’eau et doit en sortir avec de l’aide.  » Anissa m’a sauvée une fois dans l’eau, c’est vrai. Sans elle, je n’étais plus là (sourire) », confie-t-elle. 

Ronaldinho et LeBron James, ses idoles

Marie-Antoinette Katoto et le football ont été réunis grâce à un ancien grand numéro 10 parisien: « Je suis une très grande fan de Ronaldinho et encore plus de son passage au Paris Saint-Germain. C’est celui qui m’a donné envie de jouer au foot. J’essayais de reproduire le flip-flap, les passements de jambes, les dribbles, les frappes, tout ! »

Lorsque l’on évoque ses passions, il y a des surprises. « MAK » adore la NBA, la « seule discipline qui l’accroche en dehors du foot », et un joueur en particulier: LeBron James. « C’est la référence de ma génération. Je suis arrivée après Michael Jordan, je n’ai pas eu vraiment le temps de le regarder jouer. LeBron est vraiment un athlète hors norme, il inspire dans tout ce qu’il fait. » Si le football prend logiquement une grande place dans sa vie, la mode est aussi une manière de déconnecter pour celle qui a défilé plusieurs fois pour une marque de prêt-à-porter et pour qui « l’accord des couleurs est important ». Des respirations nécessaires ces derniers temps. 

« 2019, une année très compliquée »

En effet, 2019 a été certainement l’année la plus difficile dans la jeune carrière de l’attaquante. Pas épargnée par Corinne Diacre en janvier, elle a finalement été écartée du groupe pour le Mondial, avant de réintégrer les Bleues fin octobre. Moment où elles ont eu une discussion, pour repartir sur de bonnes bases. En évoquant l’équipe de France, le sourire disparaît.

« Ces douze derniers mois, sincèrement, c’était très compliqué. Beaucoup d’objectifs n’ont pas été atteints, on ne va pas se mentir. En club, on a échoué, en équipe de France il y a eu l’épisode de la Coupe du monde, mais j’ai beaucoup appris. J’ai mûri sur et en dehors des terrains ». Avant d’ajouter: « Cela s’est toujours bien passé en équipe de France. C’est différent d’un club parce que tu ne vis pas au quotidien avec les personnes. Tu dois t’adapter rapidement à d’autres joueuses, à un groupe, à beaucoup de choses sur le terrain et en dehors. »

L’attaquante parisienne reste sur deux buts en deux matchs. A chaque fois qu’elle est convoquée chez les Bleues, elle trouve un conseil important auprès « d’une leader », Wendie Renard. La Lyonnaise ne tarit pas d’éloges: « C’est une pépite, mais c’est une pépite qui a besoin d’être chouchoutée, accompagnée dans le bon sens. Prendre le temps avec elle, lui faire comprendre les choses. Pour moi, c’est un nom qui restera gravé dans le football français si elle continue à bien travailler, à rester sérieuse et humble. » Le souhait de Marie-Antoinette Katoto pour son avenir tricolore? « On va y aller petit à petit. Pour l’instant, je gagne un peu plus de temps de jeu. J’essaie de donner le meilleur à chaque fois, de progresser, de franchir des étapes. » En portant toujours le maillot du PSG, qui pourrait bien être l’unique club de sa carrière. 

https://rmcsport.bfmtv.com/football/la-cite-le-psg-ronaldinho-et-lebron-katoto-raconte-son-foot-ses-passions-1824285.html

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.