Pour cet été, la balance est négative. Avec les départs de Jean-Kévin Augustin (en prêt à Monaco) et Nicolas Fontaine (Lyon, transfert libre avec intéressement à une éventuelle revente et des bonus) contre l’arrivée de l’ancien milieu parisien Christopher Nkunku (13 millions d’euros), le RasenBallsport Leipzig a plus perdu de joueurs français qu’il n’en a acquis lors du dernier mercato. Pas vraiment la tendance de la maison ces dernières années. L’actuel deuxième de Bundesliga à une longueur du Bayern Munich, qui accueille Lyon ce mercredi pour la deuxième journée de Ligue des champions (en direct à 21h sur RMC Sport), a plutôt pris l’habitude d’être une maison d’accueil pour les jeunes talents tricolores, comme d’autres clubs en Allemagne, voire très jeunes à l’image d’un Nicolas Fontaine arrivé de l’ETG à 16 ans en juillet 2016. 

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Ils sont actuellement quatre, tous âgés de 21 ans ou moins: les défenseurs centraux Ibrahima Konaté et Dayot Upamecano, le latéral droit Nordi Mukiele et donc le milieu Christopher Nkunku. Mais d’où vient donc cet attrait pour les espoirs tricolores? « En Allemagne, on est vraiment très impressionnés par les jeunes joueurs français, racontait Max Bielefield, journaliste à Sky Allemagne qui s’occupe du marché français, en mars dernier pour RMC Sport. Il y a tellement de talents, et ça c’est vraiment très rare. Le nombre de joueurs qu’il y a en France, c’est incroyable, on est vraiment impressionné par ça. Des équipes arrivent à avoir des bons joueurs pour des prix peu élevés. » Un bon plan pour les clubs de Bundesliga et tout autant pour les intéressés.

Ibrahima Konaté Icon Sport – Ibrahima Konaté

Sekou Kaba, qui travaille pour la société SBE Management, quatrième plus grosse agence dans le football en Allemagne, met ainsi en avant la confiance donnée aux jeunes joueurs en Bundesliga: « Beaucoup de clubs français ont peur de lancer des jeunes, ils misent plus sur la gagne et l’expérience. C’est la politique du football allemand. En France, on a un problème de confiance qui ralentit la croissance du joueur. » A Leipzig depuis juillet 2017 après une première saison en Ligue 2 avec Sochaux, qu’il a quitté libre, Ibrahima Konaté (20 ans) peut confirmer. « Ici, j’ai vu que la mentalité des entraîneurs et des staffs était: ‘Tu es bon, tu mérites, tu es travailleur, tu vas jouer’. On ne va regarder ni ton âge ni ton CV. Tu peux venir du plus petit club de Ligue 2 ou du plus grand de Ligue 1, si tu mérites de jouer, tu vas jouer. » 

Leipzig aurait refusé 60M€ pour Upamecano

L’international Espoirs, titulaire lors du dernier Euro de cette catégorie cet été aux côtés de… Dayot Upamecano et qui a porté le brassard face à la République tchèque lors du dernier rassemblement, a pu en avoir la preuve. Dès sa première saison, débutée en Youth League, il dispute 16 matches en Bundesliga, tous comme titulaires, et découvre la Ligue Europa, où il est notamment aligné à l’aller comme au retour du quart de finale contre l’OM. Idem la saison suivante où il est un pilier du club en championnat comme dans les autres compétitions. Et rebelote depuis cet été avec cinq titularisations en Bundesliga et une première en Ligue des champions avec 90 minutes de jeu à Benfica lors de la première journée. En tout, le joueur formé au Paris FC a même inscrit trois buts pour le RBL. Carton plein, quoi, récompensé par un contrat prolongé jusqu’en 2023, signe d’une réussite pour le club comme d’un épanouissement personnel.

Dayot Upamecano (à droite) Icon Sport – Dayot Upamecano (à droite)

Arrivé six mois avant lui à Leipzig contre 10 millions d’euros, en provenance d’un autre club affilié à Red Bull, Salzbourg, Dayot Upamecano (20 ans) avait connu un départ tout aussi prometteur, aligné quinze fois en Bundesliga dont huit fois comme titulaire pour la fin d’exercice 2016-2017. La saison suivante sera du même acabit, avec 28 apparitions (et 25 titularisations) en championnat et cinq matches de Ligue des champions, dont la victoire 4-1 à Monaco. Après un début d’exercice 2018-2019 dans la même veine, où il a notamment pu recroiser Salzbourg à deux reprises en C1, une blessure au genou viendra ruiner sa seconde moitié de saison. Et c’est encore une blessure puis un nécessaire temps de reprise qui l’ont empêché d’être aligné avant le 21 septembre. Depuis? Deux matches de Bundesliga, deux titularisations. De quoi prouver l’attachement du club à son central tricolore, en contrat jusqu’en 2021, pour qui Leipzig aurait selon différentes sources repoussé une offre de… 60 millions d’euros en provenance d’Arsenal cet été.

Mukiele au niveau à plusieurs postes

Sa première apparition cette saison, une victoire 3-0 sur la pelouse du Werder, aura d’ailleurs connu une particularité: il s’agit du premier match de l’exercice durant lequel le club allemand a titularisé l’ensemble de son quatuor français. En plus de Konaté et Upamecano, deux des trois centraux de la défense à trois, le coach à la belle réputation Julian Nagelsmann avait également aligné Nordi Mukiele sur le côté droit et Christopher Nkunku au milieu. Le premier, 21 ans, arrivé en juillet 2018 contre 16 millions d’euros après une année et demie à Montpellier, avait connu un premier exercice mi-figue mi-raisin, la confiance de son coach oscillant au fil des mois. Cela part mieux cette saison avec des apparitions dans tous les matches et un seul débuté sur le banc.

Nordi Mukiele Icon Sport – Nordi Mukiele

Mais celui que Nagelsmann a sorti à la pause de ce fameux match au Werder pour raison tactique, sous contrat jusqu’en 2023, est balloté au gré des besoins de son staff. Central gauche dans une défense à trois pour les deux premiers matches de championnat, il a remplacé le latéral gauche lors du troisième avant d’être aligné au centre de la défense pour le quatrième, côté droit du milieu (presque ailier) au cinquième et latéral droit lors de quatrième. Vous avez dit bouche-trou? On voit plutôt un joueur capable d’être au niveau à plusieurs postes, toujours un plus pour un entraîneur qui aime changer ses schémas comme celui de Leipzig. 

« J’ai découvert des infrastructures plus développées qu’au PSG, leur méthode de travail diffère aussi »

Et Nkunku dans tout ça? Plus connu des quatre, l’ancien Parisien, 21 ans, a quitté le PSG pour le RBL en juillet dernier contre 13 millions d’euros. Il a pour l’instant disputé les huit matches officiels du club, signant deux passes décisives. Souci? Il n’a été titularisé que trois fois. Pas illogique pour un joueur qui vient d’arriver et qui doit encore trouver ses marques dans un club qui tourne bien en ce début de saison. Il ne s’en inquiète d’ailleurs pas plus que ça. « Pour l’instant tout va bien, expliquait-il à France Football ces derniers jours. C’est conforme à ce que j’avais imaginé même si ça va prendre un peu de temps pour que je me sente vraiment à la maison. Je dois m’adapter à un nouveau pays, à une nouvelle langue aussi. Ça ne se fait pas en quelques jours. Je prends des leçons d’allemand. L’idée c’est d’accélérer mon adaptation au quotidien et aussi au niveau sportif pour prétendre au onze de départ le plus vite possible. »

Christopher Nkunku Icon Sport – Christopher Nkunku

Ravi d’avoir découvert une Bundesliga avec « beaucoup moins de temps morts » et « plus d’espaces » que la Ligue 1, dans laquelle il prend « plus de plaisir à jouer au foot », celui qui a signé à Leipzig jusqu’en 2024 n’hésite pas à se lancer dans le jeu des comparaisons: « J’ai découvert des infrastructures plus développées qu’au PSG. C’est un peu plus moderne. Leur méthode de travail diffère aussi. On a souvent deux séances d’entraînement par jour et j’ai l’impression que c’est plus intense. » Pas pour déplaire à Sylvain Ripoll, sélectionneur des Espoirs, qui aime voir ses ouailles rejoindre la Bundesliga et en revenir plus rigoureuses: « Il y a une mentalité dans le travail au quotidien, dans l’exigence, dans l’intensité de l’effort, qui est supérieure ». Il y a aussi quelques ratés, bien sûr, et Leipzig n’est pas épargné à l’image d’un Jean-Kévin Augustin arrivé du PSG à l’été 2017 et qui ne se sera jamais vraiment imposé malgré une première saison plutôt prometteuse. Mais pour la plupart de ceux qui ont rejoint le club, il n’y a pas à dire, le RBL donne des ailes. 

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