Cinq étapes du Tour de France, une autre sur la Vuelta, la Clasica San Sebastian, les Strade Bianche, la Flèche Wallonne à deux reprises, Milan-San Remo, 17 jours en jaune sur le Tour, et maintenant le maillot arc-en-ciel. A 28 ans, le palmarès de Julian Alaphilippe a de quoi donner le tournis. Déjà majestueux, il l’a enrichi ce dimanche en devenant le premier coureur français à décrocher le titre mondial depuis Laurent Brochard en 1997. En terre italienne, sur le circuit d’Imola, il a fait la différence en plaçant une attaque aussi tranchante que décisive à 12 kilomètres du but.

Personne n’est parvenu à le suivre. Pas même le Belge Wout Van Aert, pourtant considéré comme le grand favori dans la foulée de son Tour de France étourdissant. Accompagné par le Danois Jakob Fuglsang, le Slovène Primoz Roglic, le Polonais Michal Kwiatkowski et le phénomène suisse Marc Hirschi, Van Aert s’est employé pour tenter de boucher l’écart. Mais il était déjà trop tard. Et Alaphilippe était tout simplement trop fort. Dans les dix derniers kilomètres, lorsqu’il n’a cessé de se retourner et de demander des renseignements sur son avance, le natif de Saint-Amand-Montrond (Cher) a sans doute repensé à son histoire tourmentée avec les Mondiaux.

Passé si près il y a trois ans

En 2017, à Bergen (Norvège), il avait attaqué dans le dernier tour, avant d’être rejoint par Gianni Moscon. L’Italien n’avait pas voulu collaborer avec lui et le duo avait été repris sous la flamme rouge. Peter Sagan l’avait emporté et Alaphilippe avait dû se contenter d’une dixième place. L’année suivante, lors du sacre d’Alejandro Valverde devant Romain Bardet à Innsbruck (Autriche), des crampes dans le final l’avaient empêché de faire mieux que huitième. En 2019, il n’était pas parvenu à dompter la pluie torrentielle du Yorkshire et avait échoué à plus de deux minutes du vainqueur surprise Mads Pedersen. « C’était une journée de souffrance, comme rarement j’en ai eu dans ma carrière. Je n’ai aucun regret. On a respecté les consignes mais on a été battu par plus fort », avait-il reconnu à l’arrivée, ses espoirs douchés par le froid et les intempéries.

Un an plus tard, le coureur de Montluçon touche enfin au Graal. « J’ai été si près tellement de fois mais je n’avais même jamais été sur le podium », a-t-il reconnu après avoir remporté en Italie la plus belle course de sa carrière. « Pour le moment c’est très dur de trouver les mots, je veux juste remercier mes équipiers qui ont cru en moi aujourd’hui. On a fait un super boulot. C’était le rêve de ma carrière vous savez. Je suis arrivé ici avec beaucoup d’ambitions », a-t-il ajouté, n’oubliant pas de remercier ses soldats de l’équipe de France. De Guillaume Martin à Rudy Molard, qui se sont accrochés le plus longtemps possible pour protéger leur leader, à Quentin Pacher et Nans Peters, auteurs d’une grosse accélération à 70 kilomètres de l’arrivée qui a fait mal au peloton, les Bleus choisis par Thomas Voeckler ont tenu leur rôle avec une seule mission en tête: faire triompher Alaphilippe.

Le sacre ultime

Encore fallait-il qu’il retrouve sa meilleure forme. Celle qui lui avait permis l’année dernière d’entrer dans le cœur des Français, séduits et touchés par ce « Loulou » généreux dans l’effort, capable de se faire mal pour passer quatorze jours avec le maillot jaune et humble dans la victoire. Cette forme étincelante, il ne l’a affichée que par séquences lors de la Grande Boucle 2020. Il y a bien eu cette victoire obtenue à Nice dès le deuxième jour, la première place du général pendant trois jours, mais également des étapes où il n’a pas réussi à lâcher ses rivaux sur des terrains qui semblaient pourtant tracés pour lui. Moins dominateur que le Julian de 2019, il vient pourtant de réussir la course « parfaite », comme l’a justement Guillaume Martin, solide 13e à Imola.

Patient, Alaphilippe a su attendre le sommet de l’ultime ascension de Gallisterna (2,7 km à 6,4 %) pour porter son attaque. Et tenir, jusqu’au bout, pour décrocher la consécration, le sacre ultime devenir le neuvième Français à revêtir le maillot arc-en-ciel, après plus de six heures et demie d’efforts. Et des années de travail pour celui qui a été submergé par l’émotion au moment de lever les bras en vainqueur. Elle n’était pas retombée quelques minutes plus tard lorsque la Marseillaise a retenti. « Le championnat du monde fait rêver tous les coureurs, ça fait partie des objectifs majeurs de ma carrière », disait-il avant le départ. Il fallait bien le prendre au sérieux. https://rmcsport.bfmtv.com/cyclisme/mondiaux-de-cyclisme-la-consecration-ultime-pour-alaphilippe-1982938.html

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