Boudé par le XV de France et privé de la Coupe du monde au Japon (20 sept.-2 nov.), Morgan Parra est tout entier concentré sur la reprise du Top 14 ce week-end avec un groupe clermontois très diminué par les absences, liées au Mondial.

Morgan, dans quel état d’esprit abordez-vous cette reprise de la saison forcément particulière ? Samedi, à la veille de la réception de La Rochelle au Michelin, 8 de vos coéquipiers se seront affrontés à Murrayfield lors du match de préparation à la Coupe du monde… (*)
C’est excitant, mais on sait aussi que ça va être très compliqué. On a cette Coupe du monde à gérer avec nos internationaux qui ne sont pas là, de nouveaux joueurs, étrangers pour les uns, qui viennent aider le club et qu’on n’intègre que pour trois mois (jokers Coupe du monde) et puis de jeunes joueurs qui vont monter et ne connaissent pas le grand bain… Trois semaines et demi de préparation, c’est court. Ce collectif, il faut qu’il prenne. On ne sait pas trop où on met les pieds, mais on va se donner à fond et essayer de démarrer le mieux possible. On va recevoir La Rochelle pour cette reprise puis se déplacer chez deux promus contre lesquels on sait qu’il est compliqué de jouer sur des premiers matches. On aimerait avoir l’effectif au complet et pouvoir batailler chaque week-end avec l’ensemble de nos forces. Mais on se doit de faire avec et performer du mieux possible.

Comme Toulouse, Clermont est l’un des plus gros pourvoyeurs des Bleus…
Quand les joueurs partent en Coupe du monde, ils sont coupés complètement du club. Derrière, ils reviennent, il faut vite les réintégrer et on ne sait pas quel début de championnat on aura fait… J’espère que ça va bien se passer pour nous, mais ça peut être très compliqué. A nous d’essayer de faire le boulot , avant que les mecs reviennent pour qu’ils aient un retour de Coupe du monde plus facile et qu’ils ne reprennent pas dans le dur.

Et cette saison, l’ASM retrouve qui plus est la Champions Cup…
C’est une compétition, on le sait, qui nous tient à cœur, qu’on n’a jamais laissée de côté avec l’ASM. Une poule encore relevée cette année, mais des matches importants et très excitants à jouer.   

Que reste-t-il de votre dernière saison, marquée par un titre en Challenge Cup, mais aussi cette finale de Top 14 perdue face aux Toulousains (24-18) ?
On fait une très bonne saison, mais ce qui est malheureux c’est qu’on n’a pas vu le vrai visage de l’ASM sur cette finale (du Top 14). Est-ce qu’on a été trop timoré, est-ce qu’on est passé à côté de l’événement, je ne sais pas… C’est vrai qu’on est tombé contre une très belle équipe de Toulouse, qui a dominé toute la saison. 

Cet échec en finale risque d’aiguiser l’envie du groupe…
Mais bien sûr que l’envie est toujours là. Mais je ne vais pas vous mentir: c’est embêtant d’attaquer ce championnat avec des mecs à l’extérieur, pour moi, c’est pas bon, c’est pas bon… Je n’ai pas peur de le dire. On le sait, le club le savait, il devait recruter en conséquence, mais ce n’est pas normal.

D’un point de vue personnel, comment vous sentez-vous ? (Parra a raté la fin de saison dernière, suite à une blessure en finale de Challenge Cup)
Je me sens bien, je reprends petit à petit avec le groupe. Le fait de ne pas être sélectionné en équipe de France donne le temps de se soigner et de bien revenir pour ce début de saison. Revanchard, non… Même si, à choisir, je préférerai jouer la fin de saison plutôt que le début… (rires). J’ai un poste à responsabilité dans cette équipe de Clermont, de faire le lien avec les jeunes qui arrivent, les recrues… Comme je l’ai dit, il faut que la mayonnaise prenne, mais la vérité, c’est celle du terrain. 

On imagine que vous préféreriez être cette semaine à Nice (avec les Bleus) ?
Bien sûr, mais je n’ai aucune amertume, c’est comme ça, des choix ont été faits, il n’y a pas de soucis (plébiscité par Brunel avant le dernier Tournoi, Parra n’avait pas été rappelé suite à la déroute en Angleterre et ses critiques sur le contenu des entraînements des Bleus, ndlr). Je crois énormément au destin, je ne devais pas y être. Je reste supporter de l’équipe de France et je leur souhaite plein de bonnes choses pour cette Coupe du monde, qu’ils aillent le plus loin possible.   

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(*) Sept Français, tous titulaires (Slimani, Vahaamahina, Iturria, Lopez, Raka, Fofana, Penaud), et un Ecossais (Laidlaw).

http://www.sports.fr/rugby/top-14/articles/parra-la-coupe-du-monde-je-n-ai-aucune-amertume-2555231/

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