La Coupe du monde à peine terminée, Didier Deschamps n’avait pas hésité à louer l’attitude remarquable d’un Adil Rami déterminant dans la vie de groupe et le succès… sans jouer. Le défenseur central s’est apparemment montré un fin manipulateur auprès de ses coéquipiers.

Il ronge son frein, puni à l’infirmerie en ce début de saison marqué, d’un point de vue individuel, par des moments difficiles, notamment ses deux erreurs qui ont « offert » deux buts à l’AS Monaco début septembre, heureusement gommées par la victoire de l’Olympique de Marseille à Louis-II (2-3). Mais Adil Rami paye ainsi une intersaison très écourtée, après avoir été de la campagne victorieuse en Russie avec l’équipe de France durant le dernier Mondial. « Je n’ai eu que cinq-six jours complets, à Los Angeles. Je ne pouvais pas faire ce que je voulais, vu que le lendemain j’avais prépa physique avec mon coach, donc je ne me suis pas libéré mentalement. Je ne me plains pas, je constate pour pouvoir me remettre en question et comprendre pourquoi j’ai fait ces erreurs, pourquoi je ne suis pas à 100 %« , explique-t-il dans un entretien à paraître dans L’Equipe Magazine.

Les mauvais langues diront évidemment qu’il n’a pas joué, oubliant évidemment que la tension nerveuse accumulée, ainsi que le manque de repos, sont autant de facteurs pouvant expliquer ces difficultés à repartir du bon pied en cet exercice 2018-2019. « Dès que tu gagnes la Coupe du monde, tu te relâches, c’est fini« , concède-t-il, et il faut repartir au combat dans la foulée. « On reçoit trop de compliments, trop de gentillesse. C’est magnifique, c’est aussi ce que tu recherches quand tu es footballeur, mais ça peut fragiliser« . Car Adil Rami, malgré un temps de jeu nul, est sorti du Mondial avec une cote de popularité au zénith, son sourire et sa simplicité en faisant l’un des chouchous du public. Des supporters qui ont vite compris le rôle essentiel qu’il avait pu jouer dans la vie du groupe.

Et selon toute vraisemblance, l’ancien joueur du Losc ou du FC Séville a même mâché le travail de Didier Deschamps auprès de certains remplaçants mécontents de leur temps de jeu. « Je parlais beaucoup avec ceux qui étaient sur le banc, j’essayais de remonter le moral de ceux qui étaient déçus (…). J’ai passé mon temps à expliquer ça aux jeunes, et à d’autres, pour leur faire comprendre que le coach les appréciait« , explique le défenseur phocéen. Quitte même à mentir sans trembler à certains de ses partenaires… « Parfois, je faisais un compliment à un gars qui ne jouait pas en lui disant que ça venait du coach, pour qu’il reste concentré. «Je l’ai entendu, il disait que tu étais au top aux entraînements, qu’il hésitait…» Je l’ai fait pour le bien de l’équipe. J’essayais d’apaiser un peu ceux qui en avaient besoin« . Adil Rami n’a eu lui besoin de personne pour accepter son sort au bout du banc de touche… Ou comment l’homme devient plus important encore que le sportif dans une grande victoire collective.

http://www.sports.fr/football/equipe-de-france/articles/adil-rami-a-menti-2278646

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