Robins Tchale-Watchou, dans quel état d’esprit êtes-vous dans ce contexte de crise sanitaire et économique?

Ce n’est pas la période la plus facile. Mais il faut voir le bon côté pour apporter sa pierre l’édifice dans la construction de l’avenir. C’est sûr qu’il y aura un avant et un après coronavirus. Il y aura des changements dans l’économie du rugby. Autant j’étais inquiet jusqu’à vendredi, autant la commission paritaire de ce matin me laisse plutôt présager de choses de bien. Il y a une volonté manifeste de tous les acteurs d’avancer et de construire quelque chose de bien.

Vous êtes donc satisfait des échanges de ce matin?

Oui, la réunion s’est très bien passée. C’était une très belle paritaire. Les joueurs étaient fortement représentés car je voulais cette approche plus participative. L’ensemble du comité directeur de Provale était là ainsi que des représentants des clubs de Top 14 et Pro D2, ainsi que l’UCPR (l’union des clubs professionnels) et Tech XV (le syndicat des entraineurs). C’est bien car nous ne sommes pas aujourd’hui dans un schéma normal. J’ai besoin de toutes les compétences et regards des joueurs pour proposer les solutions les plus collégiales possibles. Cette réunion était essentielle.

Surtout que vous vous posiez beaucoup de questions après avoir été écarté de la réunion de travail de vendredi alors que les agents, eux, avaient été conviés…

Le vice-président de l’UCPR, Thierry Emin, a tenu des propos très importants ce matin. Il est revenu dans son propos introductif sur la réunion de vendredi, et il a bien indiqué que la démarche n’était pas de nous écarter. C’est très important et on l’a remercié pour cet éclaircissement. Car, en se mettant de l’autre côté, cette démarche aurait pu laisser présager quelque chose de pas bien. Nous avons profité de l’occasion pour rappeler que nous devions travailler en toute transparence. Nous sommes prêts à l’échange et nous avons des choses à proposer.

C’est-à-dire?

Il ne faudrait pas que le contexte soit un prétexte pour certaines entités déjà en difficulté de redresser la barre. Il faut trouver des solutions essentiellement dues à l’épidémie, et pas à autre chose notamment les déficits structurels que pouvaient connaitre certaines entités. Cette précision des dirigeants est un message fort. Nous sommes tous dans cette démarche des partenaires sociaux prêts à écouter tous les acteurs dont le syndicat des agents, Intervals, qui doivent avoir des idées à proposer.

Quelles ont été les avancées de cette commission paritaire?

Nous avons eu un accord principe sur la méthode. Pour discuter de cela, ça se fera dans le cadre de la paritaire et du dialogue social, avec une approche commune et une transmission de l’information. Comme l’a rappelé un président, les chiffres qui nous ont été donnés par la DNACG (Direction Nationale d’aide et de contrôle de gestion) ne sont que des prévisions, avec une base comparative de la crise de 2008. Aujourd’hui, personne ne sait ce qu’il en sera dans un, deux ou six mois. Il est important de connaitre vraiment la situation de chaque structure avant la crise et des projections avec les incidences de la crise. Il faut apporter les solutions les plus justes possibles et les plus optimales.

Vous demandez à ce que les présidents ne baissent pas les salaires des joueurs en profitant de la crise?

Exactement. Et c’est un avis partagé par tous. Un ensemble de mesures doit d’abord être étudié collégialement. Nous sommes tombés d’accord sur la méthodologie et l’approche. Je n’ose pas croire que quelqu’un aurait envie de profiter du contexte. Personne ne le permettrait. Autant vendredi j’étais assez pessimiste, autant aujourd’hui je suis plutôt serein après cet échange constructif et une mobilisation extraordinaire des joueurs. C’est dans le cadre du dialogue social que se feront toutes les négociations collectives. A la prochaine réunion, nous acterons la fréquence de nos réunions et un calendrier précis. Cela ne sert à rien de vouloir aller trop vite. L’idée est d’arriver à quelque chose d’ici quelques semaines ou quelques mois.

Désormais, les joueurs se disent-ils que la réduction de salaire est inévitable? Est-ce dans l’esprit de tout le monde?

Si votre question est de savoir si nous en avons discuté, la réponse est oui. On sait tous que la réduction des salaires ne suffira pas, à elle seule, à combler le vide. Sinon cela reviendra à dire que les joueurs sont responsables et coupables de ce qu’il se passe. La question est: si baisse de salaire il y a, avec quoi peut-elle aller pour combler ce vide? Cela doit être une éventuelle mesure parmi tant d’autres. Les joueurs sont conscients de ce qui est en train de se passer. C’est une évidence. Sont-ils prêts à trouver des solutions? Là aussi c’est une évidence. On doit maintenant travailler sur le fond, mais encore une fois il ne faut pas se précipiter pour ne pas trouver de fausses bonnes solutions. On doit travailler les dossiers et creuser les chiffres. Nous ne serons pas toujours d’accord et certains sujets vont nous fâcher mais faisons confiance au dialogue social. Mais vu le discours de ce matin, il n’y a pas de raison que cela ne se passe pas bien.

https://rmcsport.bfmtv.com/rugby/top-14-la-reduction-des-salaires-ne-suffira-pas-a-elle-seule-a-combler-le-vide-assure-tchale-watchou-1889911.html

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