Il fallait bien qu’il y ait un effort physique en guise d’amuse-bouche. Au retour des vacances, on avait promis ce lundi aux joueurs du Stade Toulousain un entraînement « rugby », avec cet objet ovale, gonflé, aux rebonds si imprévisibles mais qui leur manquait tant. Seulement avant, ils ont dû passer sur le grill des chronomètres des préparateurs physiques. Un test « Bronco », qui vous fait aller et revenir au gré des lignes des 22 mètres, puis 40, puis 50, sous un soleil de plomb et les encouragements du staff. Ou les vannes d’Arthur Bonneval, blessé malheureux (rupture du tendon d’Achille) de cette préparation mais tortionnaire vocal de son compère Thomas Ramos.

A la fin de l’exercice, les corps sont meurtris et allongés sur la pelouse. L’effet tant redouté par le trois quart centre international Sofiane Guitoune avant l’entraînement purement rugby: « On était contents, mais un peu avec la boule au ventre parce qu’on avait un test d’entrée. T’as beau avoir trente ans, t’as toujours la boule au ventre quand il y a des tests physiques ! ». Content de son temps, il pouvait ensuite prendre part aux ateliers. Défense, situations de surnombres balle en main ou jeu global, on a donné de la voix sur le terrain d’entraînement. Avec joie.

Et c’est tant mieux, car les premières semaines de préparation physique ne sont pas du goût de tout le monde. Surtout quand on est un pilier comme Cyril Baille, dont le point fort, l’avoue-t-il humblement, n’est pas le « Bronco ». « Autant j’ai bien aimé la dernière séance avec le ballon, autant la première, elle n’était pas drôle. Alors je m’accroche et je donne mon max. Je préfère quand on touche le ballon tous ensemble car même si c’est physique, au moins tu coures derrières le ballon et pas derrière les plots. Moi, je préfère courir derrière le ballon ! ». Il va en avoir de plus en plus l’occasion. Progressivement, le rugby reprend ses droits au sein des clubs du Top 14.

«L’intensité est déjà bien élevée, on est quasiment sur du rugby, effectivement bien engagé, explique Jérôme Cazalbou, le manager du haut niveau du Stade Toulousain. Reste encore tout ce qui est phases collectives réelles comme des mêlées, touches ou des mauls. On a encore une série de tests jeudi, avec prises de sang et tests nasopharyngés. Si tout est correct, il y aura une phase de reprise classique lundi prochain ». Mais difficile toutefois de se dire que cette crise est derrière eux. Les apparences ne sont pas trompeuses.

« On est très excités de rejouer »

« On leur dit de respecter les gestes barrières, de continuer à faire attention ajoute Cazalbou. Pour l’instant les vestiaires ne sont pas ouverts, tout ce qui concerne bains chauds et bains froids ne sont pas ouverts, le côté douches non plus. Les joueurs continuent à venir en tenue et repartent se changer chez eux. On met en place toutes les précautions. Après, les joueurs ont une vie à l’extérieur, donc on leur fait aussi de la sensibilisation pour qu’ils se responsabilisent sur leur comportement afin qu’on évite tout retour en arrière « . Malgré tout, derrière ces montagnes d’entraînements, on devine maintenant à l’horizon le retour à la compétition.

« Pour l’instant on s’entraîne, on est appliqué, dit Guitoune. On espère que ça va le faire. On s’entraîne avec l’objectif d’attaquer en septembre car il y aura des matchs très importants d’entrée de jeu ». Pour Toulouse, le quart de finale de Coupe d’Europe face à l’Ulster, prévu le week-end des 19 et 20 septembre (au Stadium si tout va bien), est dans le viseur. Une échéance qui arrivera après seulement une poignée de matchs amicaux et deux petites journées de Top 14. « On a ces matchs à enjeu qui arrivent très tôt, analyse Baille. Et ça aussi ça va être quelque chose de nouveau car on n’a pas l’occasion de jouer des matchs de phases finales fin septembre ».

Le temps est donc déjà compté. Mais après des mois sans matchs, l’appétit fait le reste. « On est quand même très excités de rejouer, lâche Baille, avec un sourire carnassier. Nous, à la base, on est quand même des compétiteurs. Et là, on a envie de rejouer des matchs à enjeu, retrouver aussi notre public même si on n’en sait pas trop sur les avancées. Mais on a envie de retrouver notre vie normale et notre Stade Toulousain de tous les jours ». Cela va arriver très vite. Une fois les entraînements de l’été avalés, les joueurs toulousains vont connaître le retour des sensations du haut niveau : de l’engagement, de la tension, du bruit. Et moins de tests « Bronco » tant qu’à faire…

https://rmcsport.bfmtv.com/rugby/top14-a-toulouse-le-rugby-est-de-retour-1948162.html

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