« Je suis convaincue que nous sommes plus que deux. Qu’il y a d’autres victimes ». Catherine Gonseth, ancienne membre de l’équipe de France de ski alpin, assure dans Le Parisien avoir été victime d’agressions sexuelles de la part d’un entraîneur dans les années 1970 et 1980. Une accusation partagée par son ancienne coéquipière Claudine Emonet, qui a témoigné début février.

« Pour certaines, il va sans doute être difficile de parler. De par leur activité, leur position sociale. Elles n’auront sans doute pas envie de remuer tout cela. Ça peut prendre du temps », estime Catherine Gonseth, révélant des faits commis pour la première fois lorsqu’elle était mineure.

« Il n’y a pas eu qu’une seule fois. Cet homme a trahi la confiance que j’étais censé avoir vis-à-vis d’un entraîneur. On porte toute sa vie les conséquences de ces agressions, notamment sur le développement moral. Ça vous marque », déclare Catherine Gonseth, qui a claqué la porte de l’équipe de France à l’âge de 19 ans en 1980. « Ce qu’il m’a fait subir paraissait de l’ordre de l’irréel. Je le niais moi-même », déplore-t-elle.

Modifier la loi face à « l’injustice »

Sans pouvoir partager le nom de mis en cause, Catherine Gonseth explique qu’il est « devenu entraîneur chez les garçons » peu après qu’elle ait quitté la fédération: « Cela m’a interpellé. Je me suis posé la question de savoir si, en haut lieu, certains n’étaient pas plus ou moins au courant. Quoi qu’il en soit, il n’a jamais été embêté pour ses agissements ». Elle appelle la Fédération française de ski (FFS), qui a apporté son soutien aux deux anciennes skieuses dès leurs premiers témoignages, à agir pour « briser l’omerta ».

Aujourd’hui c’est important, le milieu du ski doit assumer que, oui, il y a eu et il y a peut-être encore des problèmes tout comme dans les autres fédés. Il faut arrêter de ne rien dire pour ne pas ternir l’image de notre sport », exhorte Catherine Gonseth, désireuse par ailleurs que la législation soit modifiée pour permettre une meilleure libération de la parole. « Les victimes ont un nom, les agresseurs doivent en avoir un aussi, dit-elle. Il faut des actes, des textes de loi qui doivent être modifiés notamment sur la prescription ou la diffamation. L’injustice est dans le silence car qui ne dit mot consent ».

Depuis plusieurs semaines, le sport français est plongé dans une crise sans précédent avec la multiplication des révélations de scandales d’agressions sexuelles, notamment dans le patinage artistique, qui a conduit à la démission du président de la fédération française des sports de glace Didier Gailhaguet, accusé d’avoir fermé les yeux.

https://rmcsport.bfmtv.com/sports-d-hiver/violences-sexuelles-dans-le-sport-une-ex-skieuse-temoigne-et-veut-changer-la-loi-1861055.html

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